News Premier Congrès de la Société Africaine de Primatologie (SAP)

Il s'agit de la Société Africaine de Primatologie (SAP) dont le Congrès inaugural a lieu à Abidjan, Côte d’Ivoire du 24 au 27 juillet 2017. Ce congrès inaugural a marqué la création officielle de la SAP pour l’avancement de la recherche et la conservation des primates en Afrique.

Concerned URL http://www.csrs.ch/aps/
Source APS/Côte d'Ivoire
Release date 19/09/2017
Contributor Eric AGBESSI
Geographical coverage Afrique (Madagascar y compris), USA, et Europe,
Keywords primatologie, société, conservation, biologie de la conservation,

POURQUOI UNE ASSOCIATION AFRICAINE DE PRIMATOLOGIE (SAP) ?

A l’atelier de révision de la liste rouge des primates de l’Afrique organisé par le Groupe des Spécialistes des Primates de la Commission de Sauvegarde des Espèces de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN/SSC) qui s’est tenu du 18 au 23 avril 2016 à Rome en Italie, les experts ont évalué le statut de conservation des primates d’Afrique. Ainsi sur 179 taxa, 100 ont été classés comme menacés dont 35 en danger et 15 en danger critique. Plus que jamais, ces évaluations ont révélé la situation désastreuse des primates d’Afrique et attiré l'attention sur la possibilité d'une perte imminente et catastrophique de la riche biodiversité des primates du continent si des mesures concrètes ne sont pas prises de toute urgence pour inverser la tendance actuelle (Imong et al., 2016). Il parait évident qu'il devrait y avoir un plus grand engagement de toutes les parties prenantes. Ainsi, les gouvernements nationaux, les organisations internationales, les bailleurs de fonds, les institutions de recherche, les communautés locales, les groupes et les individus doivent réévaluer leurs niveaux d'engagement et leurs stratégies d'intervention et se repositionner pour être plus efficaces dans leurs efforts pour sauver la diversité des primates d’Afrique. Pour une conservation efficace à long terme de ces primates, les Africains en premier doivent être mieux positionnés pour diriger toutes les actions de conservation. De ce fait, les Africains présents à cet atelier ont tenu une série de rencontres pour poser les jalons de la formation d'un groupe / société panafricain de primatologie. Les réunions de Rome, en Italie, ont été organisées sur la base des acquis de l'ancien Groupe de Travail sur les Primates d’Afrique (African Primates Working Group : APWG) qui s’est réuni à Cape Town en Afrique du Sud en juillet 2015. Le APWG lui-même a été formé après plusieurs discussions qui ont eu lieu depuis 2012 aux différentes rencontres de la Société Internationale de Primatologie (IPS) à Cancun, au Mexique, et à Hanoi, au Vietnam, en 2014.
Vu le nombre grandissant de chercheurs et de professionnels africains de la conservation travaillant sur les primates d’Afrique et leur intérêt d’appartenir à un réseau, la décision de passer d'un groupe de travail à une société est arrivée à un moment opportun.
Ainsi, un Comité de Pilotage fut immédiatement constitué à Rome pour donner suite au mandat du premier Congrès inaugurant cette nouvelle société et entreprendre des activités associées pour faciliter les activités du groupe. Deux membres de la SAP ont reçu le soutien de Conservation International pour promouvoir la SAP lors du Congrès d’IPS en août 2016. L'annonce du congrès inaugural de la SAP y a reçu un soutien enthousiaste.

Le Congrès a rassemblé environ 200 Primatologues africains, des chercheurs non africains et des conversationnistes travaillant sur les primates d’Afrique ainsi que d'autres parties prenantes. Par ailleurs, il s’est tenu au cours du congrès, la première Assemblée Générale des membres de la SAP, ainsi que des conférences en plénières animées par d’illustres primatologues, des séances d'affiche de posters et des tables rondes.

OBJECTIFS

L'objectif général du congrès était de constituer formellement la Société Africaine de Primatologie et de positionner le groupe comme une plate-forme de partage de connaissances et d'expériences entre chercheurs, acteurs de la conservation, professionnels de l'éducation, bailleurs de fonds et décideurs du continent africain, afin de conserver effectivement les primates d’Afrique.

Objectifs spécifiques et activités correspondantes :

  • Améliorer la connaissance sur les acquis, les contraintes et les perspectives de la Primatologie dans les différentes régions d'Afrique (Afrique de l'Ouest, Afrique de l'Est, Afrique du Nord, Afrique australe, Afrique centrale et Madagascar)
    •  deux personnes ont été sélectionnées par région principalement parmi les membres du Comité de Pilotage de la SAP pour recueillir des informations sur l'état de primatologie dans leur région respective avant la date du congrès et la documenter avec les contributions du maximum des parties prenantes ayant une connaissance approfondie de la région.

Les sous-thèmes ont inclus :

Education en Primatologie : questions, cursus, nombre de sections locales formées à différents niveaux, champs d'expertise, leçons,  opportunités, perspectives ...
Recherches sur les Primates : thèmes impliquant les questions de financement, nombre de projets impliquant les africains par rapport au nombre de projets coordonné ou co-coordonné par des africains, les thèmes, les espèces, le nombre de publications avec des africains comme premier auteur ou auteur correspondant, les leçons, les opportunités, les perspectives…
Conservation des Primates : Contraintes impliquant les questions de financements, les défis de conservations, le nombre de projets impliquant des africains par rapport au nombre de projets menés ou co-dirigés par des Africains, les espèces considérées, les impacts, la portée des actions de conservation, les opportunités, les perspectives.

    • Le Jour 1 du Congrès a été consacré à la présentation des résultats de l'exercice de collecte d'informations ci-dessus lors des séances plénières. Ces présentations  ont été précédées d'un discours liminaire fait par Dr. Russ Mittermeier et intitulé « Les promesses du leadership régional dans le domaine de la primatologie : analyse comparative entre les continents »”
    •  Les résultats de ces investigations seront publiés en tant que document du CSRS et dans un numéro spécial du Journal African Primates.
  • Partager les résultats de projets sélectionnés traitant de divers aspects de la Primatologie africaine (écologie, éthologie, systématique, taxonomie, distribution, épidémiologie, anthropologie, interactions homme-primate, conflits, éducation, conservation ...);
    •  Le Comité scientifique a sélectionné 50 résumés pour les communications orales et une vingtaine de posters.
    •  Durant le Jour 2 du congrès, les candidats sélectionnés feront leur communication orale pendant plusieurs sessions parallèles avec traduction simultanée anglais-français. Ces présentations avaient été précédées d'un discours d'ouverture fait par un invité international sur le thème : « La recherche et la conservation des primates en Afrique : leçons de la coopération Nord-Sud à long terme ».
    •  Une séance de visite des posters a été organisée et les visiteurs ont été invités à évaluer la qualité des différents posters concurrents et leur présentation sur des feuilles spécifiques afin qu'un jury sélectionne le lauréat du prix du meilleur poster. Ce fut le la ghanéen Paul T. le lauréat.
    • Le Jour 3 du Congrès a commencé par un discours d'ouverture fait par un invité international sur le thème « Nouveaux défis et opportunités dans la conservation des primates à travers l'Afrique ».

Une table ronde a été organisée sur le thème « Pourquoi et comment développer le leadership africain en Primatologie ?» le panel était constitué : des représentants de l'UICN / GSP, de la SIP, des primatologues africains, de la Société brésilienne de Primatologie des bailleurs de fond, du Directeur Général du Centre Suisse de Recherches Scientifique de la Côte d’Ivoire.

  • Adopter la constitution de la SAP et élire les présidents des différents organes de gouvernance
    • Un comité spécial a été créé pour rédiger la constitution de la société et intégrer les contributions des parties prenantes avant la date du Congrès
    • Une fois la constitution de la Société terminée, un Comité électoral avait lancé des appels à candidatures pour recueillir les candidatures. Au cours de l’Assemblée Général, le Président de la Société ainsi que les autres membres du bureau exécutif ont élus. Il s’agit en substance, outre le Président, le Secrétaire Général, le Trésorier.

PERTINENCE DES OBJECTIFS DE CONSERVATIONS DES PRIMATES
La Société Africaine de Primatologie (SAP) est convaincue que son congrès proposé est pertinent pour l'intérêt de la protection des primates gravement menacés et de la préservation de la diversité des primates dans leur habitat naturel. Dans un premier temps, l'objectif de la SAP est de promouvoir la recherche sur les primates et d'améliorer la conservation des primates africains en encourageant une participation et un leadership accrus des primatologues africains. Actuellement, 56% des 179 primates évalués pour l'Afrique continentale et 87% des 103 taxons primates évalués pour Madagascar sont menacés. Ainsi, de nombreuses espèces de primates africains sont en voie d'extinction en dépit de tous les efforts multiples, actuels de conservation. Cela suggère un besoin de plus d'engagements de toutes les parties prenantes, en particulier les Africains eux-mêmes. Pourtant, la masse critique de primatologues africains qualifiés nécessaire pour animer les débats et influencer les politiques n'existe pas encore. De nombreux primatologues africains ne jouent que des seconds rôles dans les projets de recherche et de conservation s'ils restent effectivement dans le domaine de la primatologie. Les quelques primatologues africains remarquables sont inconnus les uns des autres et n'ont donc pas le forum idéal pour partager des expériences qui renforceront leurs efforts.   Ainsi, la création d'un groupe qui permettra d'améliorer les efforts de conservation et de promouvoir le partage de l'information sur le continent africain peut être considérée comme une possibilité potentielle de rendre la conservation des primates plus efficace.

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