Une vision en faveur de la biodiversité
Nommé à la tête du Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique il y a déjà quelques mois, le professeur Kokoroko Komlan Dodzi imprime une nouvelle dynamique à l’action environnementale au Togo. Une vision ambitieuse, alignée sur l’orientation stratégique de Son Excellence Faure Gnassingbé, Président du Conseil, et fondée sur la performance, la territorialisation des actions et la coopération inclusive.
Face aux multiples défis environnementaux à l’instar de la déforestation, l’érosion côtière, la perte de biodiversité et impacts du changement climatique, le ministre veut bâtir une administration environnementale unie, proactive et résiliente, capable de concilier protection de la nature, développement économique et justice sociale. Pour y parvenir, il mise sur des équipes déconcentrées compétentes, outillées et engagées, agissant au plus près des réalités locales.
Les trois piliers de la nouvelle vision ministérielle
Pilier 1 : Une action territorialisée et intégrée
Chaque région du pays présente des spécificités écologiques, climatiques et socio-économiques propres. La nouvelle vision repose sur l’adaptation des politiques nationales à ces réalités locales. Les services déconcentrés sont appelés à incarner l’État au niveau des territoires, en lien étroit avec les acteurs locaux, afin d’assurer une mise en œuvre concrète, contextualisée et efficace des politiques environnementales.
Pilier 2 : Une gestion axée sur les résultats et la redevabilité
Le ministère engage une transition d’une logique de moyens vers une logique d’impact. Des outils modernes de suivi et d’évaluation, notamment des tableaux de bord de performance, permettront de mesurer l’efficacité des actions, de rendre compte des résultats obtenus et d’ajuster les stratégies en temps réel, dans un souci de transparence et d’efficacité.
Pilier 3 : Une approche fondée sur la coopération et le dialogue
La réussite de la mission environnementale repose sur une collaboration étroite entre l’administration, les autorités locales, les communautés à la base et les partenaires techniques et financiers. Un dialogue permanent, structuré et inclusif est présenté comme la condition essentielle à l’élaboration de solutions durables et partagées.
Cinq priorités stratégiques pour traduire la vision en actions
Pour opérationnaliser cette vision, le ministre fixe cinq priorités stratégiques.
La première priorité concerne le renforcement de la gouvernance et de l’efficacité opérationnelle des services déconcentrés, à travers l’harmonisation des outils, méthodes et processus, ainsi que la clarification des circuits de décision, de reporting et d’évaluation.
La deuxième priorité vise l’accélération de la restauration et de la protection des écosystèmes forestiers et côtiers. Face à la déforestation et à la dégradation des terres, le gouvernement entend déployer une stratégie rigoureuse de reboisement multi-objectifs, adaptée aux contextes locaux et impliquant activement les communautés. La protection des mangroves et la lutte contre l’érosion côtière figurent également parmi les axes majeurs, notamment dans la région maritime.
La troisième priorité porte sur la sécurisation de la biodiversité et des aires protégées. Les responsables des parcs et réserves sont appelés à adopter une gestion proactive, intelligente et résiliente, fondée sur des outils de surveillance adaptés, le renforcement de la lutte contre le braconnage et la collaboration avec les communautés riveraines. La biodiversité est ainsi positionnée comme un levier stratégique pour le tourisme et l’économie verte.
La quatrième priorité consiste à intégrer la lutte contre le changement climatique dans toutes les interventions du ministère. De la prévention des risques à l’innovation, en passant par la promotion de l’agroécologie et des pratiques durables, chaque action devra contribuer à renforcer la résilience climatique des populations et des écosystèmes.
Enfin, la cinquième priorité ambitionne de promouvoir une économie verte et bleue créatrice d’emplois et de valeur ajoutée. La gestion durable des forêts, la valorisation des produits forestiers non ligneux, l’écotourisme et la pêche durable sont identifiés comme des secteurs clés permettant de concilier protection de l’environnement et développement socio-économique.
Cette nouvelle vision fondée sur l’impact, la proximité et la coopération, selon le ministre Kokoroko, va permettre au ministère de s’imposer comme un acteur central du développement durable au Togo.